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Tu voyages comme ta malle

“Tu voyages comme ta malle”, me disait mon grand-père.

Sur la route, dans la Citroën dont la suspension hydropneumatique, bien que révolutionnaire, me maintenait dans un état proche du débordement digestif, je m’intéressais assez peu au fait de savoir si le village aperçu en contrebas de la route se nommait Commana ou Plounéour-Ménez. J’étais toutefois sensible à l’étrangeté du paysage.

J’ai retenu la leçon, j’aime comprendre l’endroit où je me trouve, j’aime me situer sur la planète.

La pointe de Primel, dont j’ai raconté ma découverte dans le précédent article, en fait, j’y étais déjà allé. J’en avais même des photographies, comme celle du Menhir, que voici ci-dessous.

Mais je ne m’en étais pas rendu compte. J’avais suivi une promenade sur la côte, j’avais bien été séduit par cette plage de galets. Mais je n’avais pas pris conscience de l’endroit où je me trouvais. Quand j’y suis retourné, sur les conseils de mon internaute Yves, je m’y suis préparé, j’ai essayé d’avoir une vision globale du site, j’ai essayé de le comprendre à l’avance, en consultant une carte (Geoportail, bien pratique pour cela, vue satellite et carte d’état-major, j’y passerais des heures). J’ai pris conscience, j’ai pris possession du lieu.

Ça me rappelle Port-Navalo. Je connais peu le golfe du Morbihan, j’avais eu l’occasion de pousser jusqu’à son entrée sud, tout au bout, à Port Navalo. C’est très beau. J’aime beaucoup les rochers plissés de la pointe. Puis un chemin fait le tour de la pointe, on regarde le large, puis on voit la rive d’en face, on essaye de repérer Locmariaquer puis les îles du Golfe. On arrive au port, on a fait le tour de la pointe, une bien jolie promenade. Bref, je n’ai RIEN VU.

J’y suis retourné, exactement au même endroit, il y a deux ans, à l’occasion de la Semaine du Golfe, rassemblement de vieux gréements. Et là, à voir la Belle-îloise jouer à faire du surplace dans le courant de marée, j’ai compris le paysage. Cette échancrure dans la côte déjà bien échancrée, cette cuvette à l’ouverture si étroite soumise à des phénomènes planétaires, que dis-je, interplanétaires en l’occurrence. Cette violence tranquille du courant de marée répété quatre fois par jour, cette respiration du Golfe, ce souffle puissant sur lequel des hommes viennent jouer.

Lorsqu’on comprend ainsi le paysage, on se sent appartenir à la planète entière, au cosmos.

Le courant de marée à l'entrée du golfe du Morbihan

D’autres photographies du courant de marée du golfe du Morbihan sur Photolegende.com

Ci-dessous, le menhir de la pointe de Primel à Plougasnou

Le Menhir de la Pointe de Primel

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