Archive pour la catégorie 'Parlons photographie'

Pierre Reguer

Bretagne panoramique

Toute la Bretagne en panoramique, c’est tentant. Le rêve : l’ensemble de la côte bretonne en une seule photographie panoramique géante !

J’ai toujours été attiré par la photographie panoramique : elle offre une double vision du paysage. Observée de loin, la photographie montre le paysage comme l’œil ne le verra jamais, une sorte de vision fish-eye, mais limitée à l’horizontale. Observée de près, l’œil peut parcourir le paysage, comme un promeneur.

Mais il faut bien reconnaître qu’une photographie panoramique, même si c’est beau, voire spectaculaire, c’est un peu « plan-plan », un peu terne, sans caractère, plat, insipide. C’est d’ailleurs peut-être ce côté spectaculaire qui nuit au caractère.

C’est pourquoi je préfère photographier la “Bretagne panoramique” de manière un peu différente, en “Triptyques”. Mes triptyques ne sont pas des photographies coupées en trois morceaux, mais au contraire la juxtaposition de trois photographies différentes. Ce qui me permet plus de fantaisie. Le site Photolegende offre ainsi une collection de quelques centaines de triptyques de toute la Bretagne, collection qui sera encore complétée dans les mois qui viennent.

Accès direct aux triptyques : Nord-Finistère, Sud-Finistère, Côtes d’Armor, Morbihan, Ille-et-Vilaine

Bon, je livre tout de même quelques panoramiques classiques à votre réflexion (n’hésitez pas à les agrandir, et à me livrer vos commentaires).

Plougasnou

Ci-dessus Plougasnou. Si vous voulez voir des triptyques de ce lieu, suivez ce lien sur le site Photolegende.

Panoramique de Saint-Malo

Saint-Malo : pour voir le même lieu en triptyque, suivez ce lien.

panoramique de Carantec et Callot

Et enfin un très large panoramique de l’île Callot (sur la gauche) et de Carantec (en face, sur la droite), jusqu’à l’estuaire de la Penzé (tout à droite.) Pour voir des triptyques de l’île Callot, suivez ce lien.

Pierre Reguer

Petits morceaux

ROSCOFF
Mes photographies, je n’appelle pas ça des montages. Montage, ça fait un peu trucage. Ça n’est pas mon propos, je ne cherche pas à créer un univers, mais plutôt à jouer avec ma perception de l’espace.
Pas non plus des collages. L’essentiel dans le collage, c’est l’action de coller, le contact avec le papier qui amène à rapprocher des éléments étrangers les uns aux autres.
Des assemblages ? Assemblage, oui, ça marche parfois. Mais je n’ai pas l’impression d’assembler lorsque j’essaie de rendre compte d’un paysage grandiose à l’aide de plusieurs photographies.
Alors bon, « petits morceaux », ça me va bien. Je rassemble les petits morceaux de réalité que je peux capter, je joue avec, je les juxtapose, pour en faire un autre paysage qui ne représente rien d’autre qu’un petit morceau d’espace.
SAINT-QUAY PORTRIEUX

Saint-Malo

Pierre Reguer

L’antiphotographie

Mes « petits morceaux », c’est de l’anti-photographie. La photographie, c’est le cadrage de l’espace et du temps. Ce que cherche à faire le photographe, c’est découper un cadre, faire entrer, rentrer le morceau d’espace qui l’intéresse dans le rectangle de son viseur, ramener la scène dans le rectangle de papier.
J’utilise la photographie. Alors, moi aussi, je choisis un cadre. Mais je veux le briser aussitôt, en juxtaposant un deuxième cadre qui vient en l’ouvrant, nier le premier. Je choisis une scène, je la découpe, mais je cherche aussi à montrer ce qui se passe à côté.

Saint-Coulomb
De même pour le temps, même si c’est moins flagrant. Le photographe cadre le temps, le délimite, le fixe, tout comme il le fait de l’espace. Mes petits morceaux me permettent de jouer avec le temps, de créer une image qui décrit le temps au lieu de le fixer. L’exemple le plus élémentaire est celui du déplacement d’un personnage, que l’on va ainsi trouver plusieurs fois dans le montage. Ou d’un bateau. Mon assemblage de photographies va en quelque sorte filmer le départ du bateau. C’est un peu anecdotique. Mais je retrouve le même jeu avec le temps, en plus subtil, lorsque par exemple la lumière change entre deux prises de vues. On peut alors ressentir sur une même photographie l’avance des nuages, la percée du soleil.Le Guilvinec

Plovan

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