Revoilà la Photo du lundi sur le blog, après quelques semaines d’interruption… (MAIS les abonnés ont continué de la recevoir par mail, chaque lundi, pour bien commencer la semaine. C’est ICI qu’on s’abonne.)
C’est ce week-end de mai qui m’inspire…
C’est à l’heure où la marée va bien, à Port Neuf, port d’échouage, les plaisanciers se préparent à la sortie.
Clapotis des vagues, piaillements des mouettes, bruit des bidons qu’on transborde, ronronnement des moteurs…
Parfums mêlés d’algues, d’iode et d’essence.
Plus loin, chacun fabrique son printemps : balade autour de la pointe, couverts d’un petit gilet, il fait beau mais quand même il ne fait pas chaud, première après-midi plage, serviettes, pelles et seaux, ou même maillots et bains de mer.
Cliquez sur l’image ci-dessous pour l’agrandir.

Port Neuf à Moguériec
Mea culpa : dans ma dernière Photo du lundi, je parlais du phare de Nividic, alors que ma photographie représentait la Jument. Deux abonnés, Jean-Marc et Philippe, ont eu la courtoisie de me faire remarquer cette erreur. Cela fait très plaisir de voir que mes abonnés à la Photo du lundi sont souvent très attentifs.
Mais je me suis inconsciemment racheté, sur ce blog : j’y joignais une photographie panoramique, prise de la pointe du Pern, sur laquelle on voit les trois phares d’Ouessant : la Jument, Nividic et Creac’h !
Voici dont les détails des trois phares, et je publie à nouveau la photographie panoramique que vous pouvez agrandir et dans laquelle vous pouvez circuler (il faut un peu de patience parfois pour attendre la netteté des zooms…).

Les trois phares d’Ouessant


Parfois, face aux éléments, face à ces océans qu’on aime tant, pourtant, on se sent dérisoire.
Pourquoi aime-t-on à ce point venir sur les grands sites ressentir sa propre insignifiance ?
Les Tas de Pois, à Camaret, impressionnent par ces cinq rochers parsemés, jetés là avec ce bout de côte, comme des éclaboussures résultats d’un geste maladroit.
Pour parvenir à les contempler, on passe du parking policé à un monde de gouffres, rochers torturés pelés hachés éclatés. Minuscule créature, on se permet de marcher sur le dos du monstre.


Certains n’ont pas hésité à braver la bête, la tatouant de graffitis qui rendent plus acceptable la dalle de béton arrivée là pour des raisons qu’on préfère oublier.

Tags plutôt inspirés, finalement, bien moins hideux que l’ensemble touristique ci-dessous… Quoi que j’aie une certaine tendresse pour les longues-vues à pièce…
(Lire sur ce blog Le Mystère des longues-vues à pièces)

Des triptyques des Tas de Pois sont en vente sur Photolegende.com
Du continent à l’île de Sein, le passage se fait par un bateau touristique bien ordinaire. Il est moins rempli que prévu : le temps est maussade. Depuis Esquibien, durant quarante minutes, il longe consciencieusement la côte.
À droite, les rochers hachés ; à gauche, le large, nuages sur fond de nuages, symphonie de gris, lueurs magiques, douches embrunées. Ça secoue un peu.
On arrive à la pointe du Raz, qui annonce le phare de la Vieille.
Passé le cap, une stupeur agitée s’empare des passagers. Le bateau inexorable semble trouver un second souffle. Soudain les oiseaux se font nombreux à l’accompagner. Ils sortent d’on ne sait où, des profondeurs certainement, comme pour inciter le bateau à continuer, l’entraîner dans le mouvement, l’empêcher de renoncer. Pas des mouettes, pas des goélands, pas même des cormorans : mi-oiseaux mi-reptiles, des démons ailés, très beaux, qui jouent l’indifférence vis-à-vis de ces pauvres pécheurs qu’ils accompagnent pourtant. Ils avancent bien plus vite que ne le laisse supposer le tournoiement de leurs ailes trop longues : c’est une force surnaturelle qui les pousse.
Le Phare de la Vieille se dresse, pas bien haut mais bien campé, comme au sommet d’un pic enneigé sortant de la couche de nuages. Là-bas, le ciel de Sein laisse entrevoir des lueurs inouïes. La Plate sonne la fin du bal, les fous de bassan abandonnent leur poursuite : la cargaison d’âmes est lancée, en route vers cet autre monde.

Cliquez sur l’image pour pouvoir l’explorer en grand format avec Zoomify.
Pour des explications photographiques sur ce type de panoramiques, lire l’article « Expériences panoramiques à Buguélès« .

Les îles de Buguélès sont un chapelet bien ordonné : une île, un cordon de galet, un île, un cordon, une île… À marée basse, on peut aller encore au-delà du bout de ce monde.
On marche alors, entre rochers et bancs de sable, dans un univers qui n’est plus terrien, mais pas totalement marin non plus. L’appeler « estran » serait Continue Reading »